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Accélérer avec les FinTechs – Un phénomène d’innovation qui dure

Certains observateurs ont récemment mis en évidence un essoufflement du phénomène FinTechs… Pourtant, force est de constater qu’il n’en est rien !

En témoigne la multiplication des initiatives de place ces derniers mois pour soutenir et favoriser la coopération entre ces startups de l’industrie financière et les banquiers et assureurs traditionnels. Ces derniers manifestent un intérêt croissant pour ces jeunes pousses, avec lesquelles ils devront apprendre à composer dans le cadre des évolutions réglementaires à venir (DSP2 – Directive sur les Services de Paiement 2 – notamment)(1).  La question n’est d’ailleurs aujourd’hui plus de savoir s’il faut se méfier ou même coopérer avec ces FinTechs mais plutôt comment réussir sa collaboration pour créer des avantages concurrentiels durables, accélérer sa transformation digitale et apprendre de ces nouveaux acteurs en introduisant plus d’agilité dans les modes de travail de l’entreprise. L’écosystème FinTech qui se structure aujourd’hui en France constitue ainsi un formidable laboratoire de R&D pour construire les modèles bancaires et assurantiels de demain… Le train de l’open innovation dans l’industrie financière est désormais en marche !

Pourquoi s'intéresser aux Fintechs ?

Un phénomène FinTechs qui perdure

La vague est née avec les néo-banques mais on a vu depuis éclore d’autres typologies d’acteurs : PayTech, CrediTech, InsurTech, RegTech… Aucun domaine des services financiers n’échappe aujourd’hui à ces start-ups qui s’attaquent à des produits spécifiques ou des niches de clients mal adressées par les acteurs traditionnels, en misant sur l’innovation pour révolutionner l’expérience client et les modèles tarifaires.
L’engouement est planétaire : États-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, mais aussi Israël, Singapour, Chine, Inde… L’ensemble des places financières s’est emparé de ce phénomène avec à la clé des enjeux économiques importants en termes d’emplois et de création de valeur.
La France compte de plus en plus de belles pépites : Lendix, Alan, IbanFirst, Lydia, Payfit, Qonto  figurent désormais au palmarès des 100 FinTechs mondiales les plus prometteuses. Notre pays a toutefois encore une marge de progression pour s’imposer face à certaines régions du globe… Et c’est tout l’enjeu d’acteurs tel le Pôle Finance Innovation que de favoriser, développer et promouvoir l’éclosion d’un écosystème d’envergure dans l’Hexagone.

Nombre de Levées de Fonds Fintechs via le Capital Risque en 2016

En cumul, les FinTechs auront levé au niveau mondial plus de 150 milliards d’euros depuis 2010(2). Si les investissements sont en recul en 2016 en termes de capital-risque, les fonds continuent de miser sur les FinTechs. Les montants restent élevés : en témoigne le tour de table record de 280 millions de dollars récemment bouclé par Transferwise, la FinTech star européenne du transfert d’argent à l’international(3). Et force est de constater, au regard de toutes les initiatives FinTechs lancées ces derniers mois par les acteurs des services financiers, que l’engouement n’est pas retombé.

Historique des levées de fonds Fintechs dans le monde de 2010 à 2016

Une « co-opétition » qui s’amplifie, favorisée par le législateur européen

Les FinTechs ont initialement été perçues par les acteurs historiques comme des concurrents frontaux. L’intérêt mutuel s’est pourtant développé ces dernières années. Demain, la collaboration va s’intensifier et s’organiser à la faveur des évolutions réglementaires.
La Directive DSP2, qui entrera en vigueur en janvier 2018, a pour objectif d’encourager l’innovation dans le domaine bancaire. Elle favorisera la compétition et la coopération entre banques et FinTechs autour de 3 mesures principales :
• Encadrer l’activité des sociétés opérant dans le domaine des paiements qui devront désormais obtenir le statut d’établissement de paiement
• Contraindre les banques à ouvrir leur système d’information pour permettre à ces établissements de les utiliser dans le cadre de leurs services (via des API)
• Inciter les différents acteurs à améliorer la sécurité des transactions afin notamment de limiter les risques de fraude (SCA – Strong Customer Authentification)
Les nouveaux entrants – FinTechs mais également GAFA(4) – pourront ainsi initier des paiements sur les comptes bancaires des clients directement depuis leurs interfaces.

À cette réglementation européenne, s’ajoutent les législations nationales, telles que, en France, la remise en cause des positions historiques sur la santé collective (ANI – Accord National Interprofessionnel), l’autorisation de la résiliation infra-annuelle en IARD (loi Hamon) en passant par la simplification des démarches pour changer d’établissement bancaire (loi Macron). La désintermédiation des acteurs traditionnels promet donc de s’accélérer, même si elle sera plus encadrée : en France, l’AMF – l’Autorité des Marchés Financiers – suit désormais de près l’activité des FinTechs. Elle a créé en juin 2016 une division dédiée à l’innovation, le FIC – FinTech, Innovation et Compétitivité -, qui travaille conjointement avec l’ACPR dans le but de suivre et de réguler l’innovation dans les services financiers.

Source : Exton Consulting, Lettre Inside Financial Services n°40, 4ème trimestre 2017

(1) Nouvelle directive sur les services de paiement, dite DSP2, qui abroge la première directive sur les services de paiement DSP1 (2007/64/CE) et adoptée définitivement par le Parlement Européen et le Conseil le 25 novembre 2015.
(2)Extrapolation à fin 2017 sur la base de FinTech Market intelligence PitchBook.
(3)Tour de table de 280 millions de dollars mené par Old Mutual Global Investors et Institutional Ventur Partners début novembre 2017.
(4)Acronyme désignant les quatre géants américains de l’Internet fixe et mobile que sont Google, Amazon, Facebook et Apple.