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Interview : Luc Laffon, Directeur du développement, Paylib

Découvrez notre interview de Luc Laffon, Directeur du développent de Paylib, parue dans la dernière édition de notre Lettre Inside Financial Services

Qu’est-ce que Paylib ?

Paylib est la solution de paiement mobile pour les particuliers et les commerçants proposée par sept groupes bancaires français : Groupe Crédit Agricole, Groupe BNP Paribas, Groupe Société Générale, La Banque Postale, Arkéa, Groupe  CM-CIC et Groupe BPCE.

L’aventure a démarré il y a cinq ans pour développer une solution sécurisée de paiement en e-commerce sans donner son numéro de carte bancaire. Aujourd’hui, Paylib est une solution tri-services qui couvre les trois grandes catégories d’usages : le paiement en e/m commerce, le paiement en magasin et le paiement de personne à personne.

L’ambition de Paylib est d’être la solution qui permet de faciliter l’acte de paiement des Français avec leur smartphone dans toutes les situations (achat, transfert d’argent…) en s’intégrant dans l’ensemble des solutions de l’écosystème (cagnottes, programmes de fidélités, carrefours d’audiences…).

Les services de Paylib sont exposés via les applications mobiles de la banque des clients. Cela représente une force de frappe importante ; les partenaires bancaires de Paylib représentent à eux seuls près de 95 % des particuliers en France.

Quels sont, selon vous, les atouts de Paylib par rapport aux autres wallets mobiles ?

L’enrôlement dans Paylib est facilité par le fait qu’il est réalisé d’une manière totalement sécurisée dans l’environnement de la banque. Le client n’a pas besoin de saisir ou capturer ses instruments de paiements (CB ou Iban déjà connu de sa banque). Des travaux de convergence sont en cours avec les différents établissements bancaires afin d’améliorer constamment l’expérience client.

En paiement de personne à personne Paylib réunit de nombreux avantages pour les utilisateurs : il permet de faire un virement à n’importe qui en saisissant non pas son RIB mais son numéro de mobile ; le virement est exécuté du compte bancaire du donneur d’ordre au compte bancaire du bénéficiaire sans passer par la nécessité d’un compte intermédiaire ; le virement sera exécuté en instantané (moins de 10 secondes) dès cette année ; le paiement est garanti et sécurisé.

En paiement de proximité, Paylib sans contact permet de payer avec son smartphone Android uniquement (Apple est toujours sur un modèle fermé) sur n’importe quel TPE sans contact NFC dans des conditions de performance identiques à celles d’Apple Pay ou Samsung Pay. Le geste de paiement est le même qu’avec une carte bancaire. Les montants autorisés sont fonction des plafonds cartes des clients.

En paiement VAD, comme en paiement de proximité, il est important de rappeler que Paylib ne facture pas son service. Le commerçant se voit appliquer les conditions qu’il négocie dans le cadre de son contrat d’acceptation carte avec sa ou ses banques.

Paylib est dès aujourd’hui conforme aux contraintes d’authentification forte imposée par la DSP2 et permet un parcours d’achat plus fluide que la carte. Nous travaillons à optimiser le parcours d’achat notamment avec l’implémentation du paiement en un clic, alliance entre fluidité, sécurité et DSP2. C’est une priorité pour contribuer aussi à améliorer le taux de conversion des marchands.

Quels volumes de clients et de transactions représente Paylib ?

Nous comptabilisons aujourd’hui 1,8 million d’activations des services Paylib dans les App bancaires.

Bien que le développement du paiement mobile soit inéluctable, il représente en France encore une faible proportion comparativement au paiement par carte bancaire, qui reste le moyen de paiement préféré des Français. La part des paiements par mobile est amenée à se développer.

Sur Paylib entre amis, les banques ont lancé le service l’année dernière et la croissance observée du nombre de transactions nous rend très optimistes. Le même phénomène se passe dans les pays nordiques, et aux Etats-Unis avec le succès de Zelle, initié par les banques américaines.

Quels freins au développement de l’usage du paiement sans contact rencontrez-vous ?

Le nombre d’achats en magasin réglé en sans contact avec un smartphone en France s’élève à 10 millions de transactions en 2018. Ce n’est que 0,5 % des paiements cartes sans contact mais nous nous attendons à une croissance exponentielle du fait de la multiplication des wallets mobiles disponibles depuis l’année dernière. Le smartphone est aujourd’hui le couteau suisse du quotidien : appareil photo, écoute de musique, navigateur… Demain il portera le paiement de la même manière… un seul outil pour tous les usages.

L’appropriation par les commerçants de proximité prendra du temps. De même qu’au début du paiement sans contact par carte, les banques ont dû faire des efforts d’accompagnement pour lever les réticences au changement et les craintes de fraude.

Quels sont les futurs développements dans la roadmap de Paylib ?

Nous sommes convaincus que la croissance des transactions du service Paylib entre amis sera exponentielle et qu’elle facilitera la démocratisation de l’usage des autres services Paylib, en proximité et en VAD.

De plus nous préparons déjà les prochaines déclinaisons de Paylib en virement instantané pour adresser par exemple le paiement d’un particulier vers un professionnel ou le paiement d’une enseigne vers un particulier pour un remboursement par exemple.

Comment prévoyez-vous de rallier d’autres banques ?

Nous sommes d’ores et déjà en contact avec des établissements qui souhaitent proposer Paylib à leurs clients via leurs App. Paylib est organisé pour accueillir ces nouveaux partenaires.

Quels sont selon vous les enjeux du paiement mobile pour les banques françaises ?

Le contact avec sa banque a déjà commencé à évoluer. On accède aux services de plus en plus à distance via les outils mobiles mis en place par les établissements ; on pousse de moins en moins la porte de sa banque pour des services bancaires du quotidien. Les banques ont, dans leur grande majorité, enclenché des travaux en profondeur de refonte de leurs applications mobiles pour les rendre de plus en plus user friendly.

C’est probablement la première phase d’une évolution qui va amener à proposer des services bancaires au plus près des usages clients, dans des carrefours d’usages non bancaires (plateformes communautaires, marketplaces…). Le paiement est aujourd’hui le service le plus couramment exposé dans ces carrefours ; demain ce point de contact permettra la proposition de services complémentaires du type crédit, assurance et pourquoi pas épargne. Paylib, en tant que solution des banques françaises, a vocation à accompagner ce mouvement.

 

Pour en savoir plus : Découvrez l’intégralité de notre Lettre IFS 45