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Interview : Laurent Moquet, Directeur Marketing B2B IM, Samsung Electronics France

Découvrez notre interview de Laurent Moquet, Directeur Marketing B2B IM de Samsung Electronics France, dans la dernière édition de notre Lettre Inside Financial Services

Pourquoi Samsung s’est lancé dans le paiement ?

Vous répondre « parce qu’Apple l’a fait » serait un peu court et inexact. D’autant plus que Samsung n’a pas le même modèle qu’Apple. Samsung est avant tout un industriel leader mondial de l’électronique grand public. L’enjeu de Samsung Pay n’est pas de générer du revenu direct ou de capter de la data clients, mais plutôt de renforcer l’attachement de ses clients à ses produits et à sa marque.

Samsung est déjà la marque préférée des Français1. Samsung Pay renforcera encore notre marque et la fidélité de nos clients à nos produits. De plus, ce service ajoute, encore de nos jours, un effet « waouh » et une image « premium ».

C’est pourquoi son déploiement concerne une large gamme de nos produits avec une présence globale dans 24 pays. On enregistre déjà 2 000 partenaires financiers dans le monde, 30 millions d’utilisateurs et plus de 1,4 milliard de transactions.

Quels sont les atouts clés de la solution Samsung Pay dans le paiement ?

Tout d’abord les parcours d’enrôlement et de paiement sont simples et rapides. Le service est utilisable, même quand le téléphone est verrouillé, d’un simple swipe avec le doigt, du bas de l’écran vers le haut. Cette fonction est exclusive à notre wallet.

Ensuite vient la sécurité. Samsung Pay est encore plus sûr que la carte bancaire. Aucune donnée de la carte n’est stockée sur le téléphone ou sur les serveurs Samsung : à chaque transaction, un cryptogramme unique et exclusif à votre appareil est généré. Par ailleurs, l’authentification par empreinte digitale, code PIN ou analyse d’iris est requise pour chaque transaction. Nous utilisons notre plateforme technologique Knox, approuvée par des gouvernements et organismes de sécurité dans le monde entier, pour protéger activement les informations contenues dans le smartphone. Enfin nous proposons d’autres services associés au paiement comme l’enregistrement dématérialisé des cartes de fidélité magasins ou le service Samsung Rewards, un service de fidélité qui permet de collecter des points à chaque achat, que l’utilisateur peut échanger contre des bons de réductions, des récompenses ou pour participer à des jeux de type instants gagnants.

Qui finance les points dans le service Rewards ? Quels enseignements tirez-vous de ce service ?

C’est Samsung France qui assume le financement du service Samsung Rewards. Notre objectif est, comme je l’ai précisé en début d’entretien, de renforcer l’attachement de nos clients à la marque. Ce service y contribue. Le mécanisme des points démontre son efficacité comme levier de développement de l’usage de notre wallet. A notre grande surprise, les jeux proposés autour des points rencontrent aussi un grand succès. Accessoirement les points peuvent aussi être utilisés pour bénéficier de réductions sur d’autres produits et services Samsung.

Quelles volumétries cela représente aujourd’hui et quel potentiel selon vous ?

Nous savons qu’aujourd’hui il y a en France environ 5 millions de smartphones Samsung actifs éligibles à notre service Samsung Pay. Nous avons déjà réalisé l’intégration de ce service avec plusieurs banques en France : banques du groupe BPCE (Caisse d’Epargne, Banque Populaire, Banque de Savoie, Banque BCP), Boursorama, Lydia, max de Crédit Mutuel Arkéa. Plus de la moitié des caisses régionales du Crédit Agricole sont également compatibles, et elles le seront toutes d’ici mi-avril. Les titres restaurants d’Edenred et Apetiz sont également intégrés. L’intégration du service par les banques nous permet d’accéder au plein potentiel de notre clientèle. D’ici fin avril, plus de la moitié des porteurs de cartes en France seront alors éligibles à l’offre de Samsung Pay.

Nous sommes encore dans la phase des early adopters qui sont pour nous surtout les millenials, une génération qui consomme la vidéo sur Netflix et la musique en streaming. C’est pourquoi l’intégration avec Lydia a d’emblée très bien fonctionné.

Combien de temps cela prend pour une banque d’intégrer votre service pour ses porteurs de cartes ?

En plaisantant, je vous dirai que pour nous c’est toujours trop long. Au mieux quelques mois mais en réalité il est difficile de vous donner un délai standard. Même si nous avons l’expérience de ces projets, le délai d’intégration va dépendre des choix techniques de la banque et du niveau de mobilisation de l’ensemble des acteurs associés à son architecture technique. Dans le meilleur des cas, cela peut être fait en moins de 3 mois.

Quelles sont les perspectives de développement pour Samsung à court et moyen terme ?

Tout d’abord développer la gamme de nos produits compatibles : l’intégration dans la montre connectée sera disponible avant l’été. Les nouveaux produits seront bien sûr compatibles, notamment le Galaxy S10 qui vient de sortir et le Galaxy Fold dont vous avez entendu parler et qui sera commercialisé d’ici peu.

Ensuite développer le paiement online et In-App. Je vous annonce que deux grosses plateformes e-commerce accepteront Samsung Pay prochainement.

Enfin nous travaillons sur un service dans les transports en Ile-de-France, avec l’application expérimentale Navigo LAB mise en place par Ile-de-France Mobilités en partenariat avec la SNCF, la RATP et Optile. Les usagers pourront acheter des billets depuis leur smartphone et utiliser leur appareil Samsung pour valider leur entrée et leur sortie sur les récepteurs NFC des portiques. Les ingénieurs de Samsung ont rendu possible le fonctionnement du service même quand le smartphone est éteint ou n’a plus de batterie. Une sortie en version béta est prévue pour le mois d’avril via l’application mobile Navigo LAB à télécharger sur le store. Le lancement commercial est prévu pour la rentrée scolaire 2019, la date officielle sera partagée par Ile-de-France Mobilités.

Nous avons également des projets de transport avec les villes de Lille et Strasbourg, et d’autres sont à l’étude.

D’après une enquête Young&Rubicam publiée l’année dernière.

 

Pour en savoir plus : Découvrez l’intégralité de notre Lettre IFS 45